L’Union européenne (UE) annonce que, finalement, elle n’entend pas suspendre son programme d’aide aux Palestiniens, annoncé pourtant par le Commissaire en charge du voisinage, le Hongrois Olivier Varhelyi, mais pense en revanche le réviser. Les ministres des Affaires étrangères de l’Union devraient en définir la forme ce mardi 10 octobre 2023.
La Commission de l’Union européenne a annoncé effectivement qu’elle lançait « un réexamen urgent de l’assistance de l’Union à la Palestine », alors que, quelques heures auparavant, son commissaire chargé du voisinage avait fait état d’une suspension pure et simple du programme d’aide.
La Commission a vite fait de recarder son commissaire car des capitales européennes et non des moindres ont exprimé leur désaccord avec la décision annoncée par Olivier Varhelyi, laquelle a été de surcroit jugée unilatérale.
Madrid a été la première à faire savoir qu’elle était opposée à la décision radicale annoncé par le commissaire hongrois de la Commission européenne. Le chef de la diplomatie espagnole, José Manuel Albares a protesté contre la décision, indiquant qu’elle devait d’abord être discutée par les 27.
Dublin (Irlande) a été sur la même longueur d’onde que la capitale espagnole. Un porte- parole du ministère irlandais des Affaires étranges a contesté la légalité de la décision de suspension de l’aide annoncée par Olivier Varhelyi. « Notre analyse est qu’il n’y a pas de base légale pour une décision unilatérale de cette nature prise par un commissaire individuellement et nous ne soutenons pas une suspension de l’aide », a-t-il réagi.
Paris s’est, de son côté, déclarée défavorable à la décision de suspendre l’aide aux Palestiniens. « La France n’est pas en faveur de la suspension de l’aide qui bénéficie directement aux populations palestiniennes », a fait savoir le Quai d’Orsay, ce mardi.
Face aux réactions des capitales européennes, l’Union européenne a dû renoncer à l’idée de suspendre son programme d’aide à la Palestine. Une suspension qui aurait eu des répercussions dramatiques sur les populations palestiniennes.
Les populations dans la bande de Ghaza, d’où sont parties les attaques palestiniennes sur Israël le samedi 7 octobre, subissent les bombardements aveugles de l’aviation israélienne et sont aussi victimes d’un blocus total opéré par Israël sur la bande. Un blocus dénoncé par la communauté internationale comme contraire au droit humanitaire international.
Les 2,3 millions de Ghazaouis sont privés d’électricité, d’eau et gaz depuis lundi. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a exprimé ses inquiétudes face à cette situation et a demandé l’ouverture d’un couloir humanitaire.
Les affrontements israélo-palestiniens ont fait quelques 1500 morts de part et d’autres. Du côté israélien, le bilan établi est de plus de 800 morts et quelques 2400 blessés. Du côté palestinien, près de 700 martyrs et 3900 blessés sont à déplorer.