Le procès des « Panama Papers » s’est ouvert le lundi 8 avril 2024 au Panama. Vingt-sept personnes, parmi elles les fondateurs du cabinet d’avocats panaméen Mossack Fonseca, Jürgen Mossack et Ramon Fonseca Mora. Les audiences, qui se tiennent devant un tribunal pénal, devraient se poursuivre jusqu’au 26 avril. L’affaire des « panama Papers, révélée en 2016, est une grosse affaire d’évasion fiscale et de blanchiment d’argent qui a éclaboussé personnalités et dirigeants politiques de par le monde.
Le scandale avait été révélé, on s’en souvient, par une enquête menée par le Consortium International des journalistes d’Investigation (CIJI). Le Consortium s’était appuyé sur la fuite de 11,5 millions de documents provenant du cabinet Mossack Fonseca, l’un des leaders mondiaux de la domiciliation des sociétés Offshore. Les documents fuités ont révélé que des chefs d’Etats et de gouvernements, des responsables politiques et des personnalités de la finance, des stars du monde du sport et des artistes avaient caché aux fisc des avoirs , des entreprises et des propriétés…
Dans le lot des documents épluchés par le CIJI, des noms d’Algériens sont apparus, plus d’une vingtaine, entre personnalités politiques, hommes d’affaires et des personnes peu exposées aux feux de la rampe.
Les « Panama Papers » ont révélé le nom de l’ancien ministre de l’Industrie et des Mines, Abdeslam Bouchaoureb, réclamé par la justice algérienne et qui se trouve en fuite à l’étranger, a possédé une société offshore, la Royal Arrival Corp, créée en 2015 par l’intermédiaire d’un cabinet conseil luxembourgeois. La Royal Arrival Corp a détenu un compte bancaire de 700.000 euros, sous forme de titres immobiliers à la NBAD Genève.
Dans la liste des éclaboussés par le scandale des « Panama Papers », on retrouve Amine Zerhouni, fils de l’ancien puissant ministre de l’Intérieur, Noureddine Yazid Zerhouni. Amine Zerhouni était actionnaire de la société offshore « Carrant Plus LTD », créée en 2007 par le cabinet panaméen. La société en question a été dissoute en 2010.
Les révélations des « Panama Papers » ont épinglé également l’épouse de l’ancien ministre de l’Energie Chakib Khelil, réclamé, tout comme Bouchouareb par la justice et qui est e fuite à l’étranger. Najat Khelil a été citée comme étant à la tête de la société « Carnelan Group INC » en 2005 et « Parkefort Consulting INC » en octobre de la même année. Ces deux sociétés étaient basées au Panama et étaient passées, par la suite, à Omar Habour, un proche de la famille Khelil.
Les « Panama Papers » ont également révélé l’activité offshore de Farid Bedjaoui, le neveu de l’ancien ministre des affaires étrangères Mohamed Bedjaoui. Le cabinet Mossack Fonseca avait crée des sociétés offshore pour Farid Bedjaoui, l’une « Pearl Partner », basé à Hong Kong avait reçu un virement de 198 millions de dollars, sur un compte émirati, selon les révélations des « Panama Papers ». Le nom de Farid Bedjaoui apparait, au total, dans 17 sociétés offshore.
Le nom de l’ancien patron de Cevital a également été cité dans le scandale des « Panama Papers ». Il a été cité comme ayant recouru aux services du cabinet panaméen Mossack Fonseca en 1992 déjà et ce pour la création de la société offshore « Dicoma Entreprise LTD », domiciliée aux Iles Vierges Britanniques. La société sera dissoute en 1996. Le cabinet panaméen a, en vrai, transféré les activités de la société dissoute à une autre société offshore « Anilson Management LTD », domiciliée dans un autre paradis fiscal, l’Ile de Niue, dans le pacifique sud, selon le journal « le Monde ».
D’autres noms, comme celui du fils de l’ancien président de la République, Chadli Bendjedid, ont été aussi cité dans le scandale des « Panama Papers ». La liste comportait plus d’une vingtaine de personnes. Les révélations des « Panama Papers » n’ont pas donné lieu à l’instruction de procès par la justice algérienne.
Pour rappel, suite au scandale, le cabinet Mossack Fonseca a été fermé. Le Panama est classée sur la liste noire des paradis fiscaux établie par l’Union européenne.