Laurent Nuñez, préfet de police de Paris, a interdit ce dimanche 18 février les manifestations liées à l’Algérie prévues dans la capitale française en raison de «risques de troubles graves à l’ordre public», ont rapporté plusieurs médias français.
Le préfet, qui gère la sécurité dans la capitale et la petite couronne, s’est en effet opposé à l’ensemble des manifestations «en commémoration de la journée du chahid (journée nationale célébrée chaque 18 février, ndlr) d’une part et en lien avec le hirak d’autre part», selon ces même médias.
L’appel à la commémoration de cette date a été lancé à l’adresse des membres de la communauté algérienne établie en France par le Mouvement dynamique des algériens en France (Moudaf).
Un rassemblement était prévu ce dimanche à 14 heures, place de la Nation à Paris, lequel coïncide à quelques jours près avec le 5e anniversaire du hirak (22 février 2019).
A la veille de ce rassemblement, les appels lancés par le chanteur Rai, cheb Khaled- de son vrai Khaled Hadj Brahim-, ont surpris plus d’un lorsqu’on sait que le chanteur à succès s’affiche rarement en public, encore moins lorsqu’il s’agit de manifestations liées à la célébration de dates historiques.
Dans une première vidéo largement partagée sur les réseaux sociaux, en particulier sur Tik Tok, cheb Khaled a appelé les algériens installés en France à manifester pour la journée du chahid. «Tous ensemble le 18 février à 14h à Paris», avait-il déclaré.
Dans un second enregistrement, devenu viral, l’enfant d’Eckmühl (Oran) a demandé «pardon à tous ceux qu’ils auraient blessés» sans donner d’explication sur le pourquoi de son appel ni sur ce qui lui était reproché par ceux à qui il sollicite le pardon.
«On est tous des Algériens», a-t-il déclaré, affirmant que ses excuses venaient du fond du cœur.
Avec une voix presque nouée, Khaled a aussi dit ton attachement à son pays natal, l’Algérie. «Personne ne me retirera ma nationalité algérienne», a-t-il déclaré, ajoutant : «Je suis algérien… ».
C’est comme si le chanteur voulait apporter un éclaircissement (nécessaire) après toutes les rumeurs ayant circulé depuis l’été dernier sur une prétendue interdiction d’entrée en Algérie en raison de son autre nationalité, marocaine, et les tensions politiques grandissantes ces derniers mois entre les deux pays.
Pourtant, les autorités algériennes ont réfuté, par de nombreux canaux, toute mesure frappant celui qui porté haut la voix de l’Algérie durant toute une décennie, une décennie de sang et de feu.