Le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, a annulé le voyage qu’il devait effectuer ce lundi 12 février à Alger, rapportent des médias ibériques dont Al Pais.
Côté algérien, il n’y a pas eu de réaction officielle après l’annonce de cette annulation, même si certaines sources laissent entendre qu’il pourrait s’agir d’un «simple report» lié à l’«agenda» des officiels algériens.
Pour Al Pais, l’Espagne et l’Algérie ont reporté, à la dernière minute, la visite d’Albares, qui devait être «une visite de réconciliation après presque deux ans de crise».
Albares devait se rendre à Alger lundi pour «tenter de rétablir les relations commerciales, très affectées depuis la volte-face de l’Espagne sur le Sahara occidental», a écrit le quotidien espagnol dans sa livraison du dimanche.
L’alignement du gouvernement de Pedro Sánchez sur la thèse marocaine concernant le conflit du Sahara occidental a constitué l’élément déclencheur de cette brouille entre Alger et Madrid.
Al Pais a souligné que ce voyage «express» à Alger du chef de la diplomatie espagnole visait à «tourner la page d’une crise qui dure depuis près de deux ans, après qu’Alger a gelé ses relations avec l’Espagne en raison de sa position sur le Sahara occidental». Et de préciser que l’«annulation» de ce voyage est intervenue quelques heures avant sa date prévue.
«La visite officielle d’Albares à Alger a été reportée pour des raisons liées à l’agenda algérien», a rapporté Al Pais citant des sources proches du ministère espagnol des affaires étrangères.
Pour El Confidencial, ce report serait lié à l’impossibilité d’organiser une audience entre le ministre espagnol et le président Tebboune. «Albares a décidé de renoncer à son déplacement après avoir appris que le président Tebboune n’allait pas le recevoir », a révélé El Confidencial.
Rappelons que la diplomatie espagnole avait annoncé cette visite le 8 février dernier. Aussi, un processus de normalisation des relations bilatérales entre l’Algérie et l’Espagne a été entrepris depuis quelques semaines.
Le dégel amorcé avec la nomination, le 17 novembre dernier, du nouvel ambassadeur d’Algérie à Madrid, s’est confirmé aussi sur le plan commercial.
Une note de l’Association algérienne des banques et des établissements financiers (ABEF) a confirmé, depuis le 14 janvier, la levée de l’interdiction sur les produits avicoles espagnols.
«Nous avons l’honneur de vous informer que l’importation des intrants avicoles, en l’occurrence les poussins de chair, les poussins de ponte ainsi que les œufs à couver en provenance du Royaume d’Espagne, est autorisée », a indiqué l’ABEF dans sa note adressée aux différentes banques du pays.
«À cet effet, il vous est demandé de bien vouloir instruire vos services concernés pour procéder à la domiciliation pour l’importation de ces produits, à l’appui de l’autorisation délivrée par les services du Ministère de l’Agriculture », a ajouté la même source.
Pour rappel, la filière avicole algérienne a été durement impactée par la rupture, depuis mars 2022, des relations commerciales entre l’Algérie et l’Espagne. L’impact apparait notamment à travers la hausse des prix du poulet et des œufs. Avant la crise entre les deux pays, la «société espagnole Cobb détenait 60% du marché algérien du poussin», selon l’agence de presse turque Anadolu.
L’impact de cette crise s’est fait également ressentir de côté de l’Espagne qui a vu ses exportations vers l’Algérie fortement baissées. Elles ont chuté, selon l’agence Europa Press, de 93,6% durant le premier trimestre 2023, avec seulement 30,2 millions d’euros, contre 472,9 millions à la même période en 2022.