Aymen Badis, un médecin résident en neurochirurgie au CHU de Blida, est mort le 2 juillet d’un arrêt cardiaque après une garde de 24 heures, portant à 3 le nombre des jeunes médecins spécialistes décédés en moins de deux mois.
« Suite à sa garde, il m’a demandé de prendre en charge un patient qui a été orienté vers lui, car il n’en pouvait plus. Il m’a dit qu’il a ressenti une douleur à la poitrine durant la garde, tellement il était épuisé », a indiqué Dr. Abdenour Taibaoui, un collègue du défunt, sur Facebook.
« Malgré ces tragédies qui s’enchainent, les mesures concrètes restent absentes », s’est indigné dans un communiqué le syndicat national des médecins généralistes de la santé publique (SNMGSP) suite au décès du Dr. Badis. « Ni le système des gardes a été revu, ni une évaluation scientifique des charges de travail des médecins n’a été faite, ni un plan clair pour fournir les ressources humaines nécessaires qui garantissent la protection de ceux qui portent la responsabilité de préserver la santé des citoyens », a ajouté le collectif.
Au total, quatre médecins spécialistes sont morts d’épuisement depuis une année.
Le 20 juin 2025, le chirurgien Kamel Bekhouche a succombé aux suites d’un arrêt cardiaque survenu alors qu’il opérait un patient dans un hôpital à Sidi Aïssa, dans la wilaya de Msila.
Le 5 mai dernier, le décès de la résidente en gynécologie-obstétrique Khadidja Mansouri d’un arrêt cardiaque durant une garde à l’hôpital Ibn Ziri de Bologhine (Bainem) à Alger avait choqué l’opinion publique et provoqué une vague d’indignation. La communauté des médecins et des praticiens de la santé avait dénoncé les conditions d’exercice de leurs métiers et appelé à mettre en œuvre des réformes afin d’éviter de nouveaux décès.
« Ce qui se passe reflète une réalité professionnelle difficile que vivent les médecins quotidiennement : des gardes épuisantes, des heures de travail excessives, un manque criant de périodes de repos. Ceci en l’absence d’un cadre juridique strict qui les protège de cette saignée », avait lancé le SNMGSP suite au décès du Dr. Mansouri.
Dans la foulée, les ministères de la Santé, de l’Enseignement supérieur et de l’Emploi ont annoncé le 10 mai la création d’une « commission mixte chargée de présenter un projet de plan » pour améliorer les conditions de stage des médecins résidents.
Un projet de plan qui n’a pas encore vu le jour. En attendant, un autre médecin a trouvé la mort dans des conditions similaires. Abdelouahab Gharnaout, anesthésiste à l’hôpital de Naâma, est décédé des suites d’un arrêt cardiaque le 22 juin durant une garde.