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Rentrée scolaire : l’école repoussée au nom des hôtels et de la chaleur


Il aura suffi de neuf jours pour que le calendrier scolaire change de saison. Le 30 juillet, le ministère de l’Éducation annonçait la rentrée des élèves pour le 6 septembre. Samedi, nouvelle date : ce sera finalement le 21 septembre, « sur instructions » du président Abdelmadjid Tebboune.

Entre les deux annonces, des députés ont demandé un report et la Fédération nationale de l’hôtellerie et du tourisme a directement sollicité le chef de l’État. Les premiers ont invoqué les fortes chaleurs, notamment dans le Sud, ainsi que la pression que ferait peser la climatisation des écoles sur le réseau électrique. Les seconds ont avancé un argument plus commercial : prolonger les vacances permettrait aux familles de voyager davantage et aux hôtels de prolonger leur saison.

L’école algérienne découvre ainsi une nouvelle fonction : soutenir le taux de remplissage des hôtels.

Le problème de la chaleur dans les établissements du Sud est pourtant réel. Mais s’il fait trop chaud pour étudier début septembre, la réponse logique consiste à climatiser correctement les classes, améliorer leur isolation, aménager les horaires ou adapter localement le calendrier. Repousser la rentrée de tous les élèves du pays jusqu’au 21 septembre ne refroidira aucune salle de classe à Ouargla.

Même raisonnement pour l’électricité. Si le réseau ne peut supporter le fonctionnement normal des écoles pendant une période chaude, deux semaines de vacances supplémentaires ne règlent pas le problème. Elles permettent seulement d’attendre que le thermomètre veuille bien coopérer.

Quant à l’argument touristique, il revient à demander à l’école de prolonger les vacances pour aider les hôtels à prolonger leur saison.

Le plus curieux reste ailleurs. Le ministère avait préparé la rentrée, arrêté ses dates et demandé à son administration de s’y conformer. Puis quelques jours ont suffi pour tout décaler.

La rentrée aura donc lieu le 21 septembre. Les vacances seront plus longues. Les problèmes de climatisation, d’électricité et d’organisation scolaire, eux, seront toujours là le lendemain.