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Orpaillage : l’armée prend le contrôle des zones interdites dans le Sahara


L’Algérie renforce le contrôle militaire des zones interdites à l’exploitation artisanale de l’or dans le Sahara. Un décret présidentiel publié au Journal officiel du 7 octobre place ces territoires, situés dans les 3e, 4e et 6e régions militaires, sous l’autorité de l’Armée nationale populaire (ANP).

Signé le 24 septembre par le président Abdelmadjid Tebboune, le décret n° 26-313 fixe les modalités de délimitation, de classification et d’actualisation de ces zones, où toute exploitation aurifère artisanale est prohibée. Les territoires concernés demeurent sous la tutelle administrative des ministères compétents, mais leur contrôle relève de l’ANP.

Le ministre de la Défense nationale dispose d’une prérogative déterminante : fixer les coordonnées géographiques des zones interdites et en actualiser les limites. Les ministres concernés et les walis peuvent proposer des modifications, après avis de la commission de sécurité de la wilaya. La décision appartient toutefois à la Défense, qui fixe également les mesures particulières de protection et de sécurité applicables à ces périmètres.

Les autorités civiles locales devront matérialiser les limites des zones interdites au moyen de panneaux visibles et de balises en béton, dès réception des coordonnées communiquées par l’autorité militaire. Les contrevenants s’exposent aux sanctions prévues par la législation en vigueur.

Des limites qui restent à connaître

Le décret ne publie cependant ni carte, ni coordonnées géographiques, ni superficie des territoires concernés. Ces informations seront communiquées par le ministère de la Défense aux administrations compétentes.

L’État cherche à structurer une filière aurifère légale dans un Sahara où l’orpaillage fait aussi prospérer une économie informelle qui dépasse les frontières algériennes. L’exploitation autorisée et l’extraction clandestine mobilisent souvent les mêmes équipements, fournisseurs et travailleurs, tout en empruntant des circuits de commercialisation différents.

L’étendue des zones interdites et les conditions imposées aux entreprises titulaires d’un permis détermineront les conséquences de cette décision sur l’exploitation artisanale légale.