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Mondial 2026 : Les « vétérans » ne raccrochent plus les crampons aussi vite

71 joueurs participant à la coupe du monde 2026 ont 35 ans et plus, soit presque le double que lors de l'édition précédente. Une longévité de carrière que permettent des avancées scientifiques et technologiques mises au service du sport.


Cristiano Ronaldo avant la rencontre du Portugal face au Congo lors de la coupe du monde à Houston, le 17 juin 2026. (AP Photo/Ashley Landis)

Un des moments les plus forts de la coupe du monde 2026 était l’émouvante interview post-match de Josimar Dias, dit Vozinha, le gardien de buts du Cap Vert. Tout juste héro de la rencontre de sa sélection qui a tenu en échec l’Espagne (0-0), il a évoqué, les larmes encore dans les yeux, « toutes les générations passées qui ont rêvé (de jouer à la coupe du monde) et qui n’ont pas pu le faire ».

Le joueur de Chaves (D2 portugaise) a réalisé ce rêve de la meilleure des façons en permettant au Cap Vert, qualifié pour la première fois à la compétition de la FIFA, d’arracher un point. Et s’il a pensé aux générations précédentes, c’est parce qu’il a longtemps joué avec elles. À 40 ans, Vozinha est l’un des joueurs les plus âgés de cette édition.

Car ce tournoi nord-américain compte un nombre inédit de joueurs qui ont atteint ou dépassé les 35 ans. Avec 71 de ces vétérans du ballon rond, la CM 2026 dépasse de loin celle du Qatar en 2022 (39). Si l’élargissement du format à 48 équipes explique en partie cette hausse, le nombre de joueurs participants étant passé de 831 à 1248, il y a quand-même eu une augmentation du taux de joueurs qui ont 35+ ans : 4,6% en 2022 contre 5,6% en 2026.

L’augmentation du nombre de membres de chaque sélection en 2022, de 23 à 26 joueurs, a également contribué à la hausse de ce taux. Mais les chiffres démontrent un accroissement du pourcentage des vétérans qui est resté inférieur à 3% depuis 2002, avant de connaître une nette augmentation lors des deux éditions précédentes.

Vozinha est loin d’être une anomalie. Dans son poste, les footeux les plus vieux se rappellent que Dino Zoff (40 ans en 1982) et Peter Shilton (40 ans en 1990) ont gardé les buts de l’Italie et de l’Angleterre. Et si le légendaire Roger Milla a constitué l’exception en 1994 et reste le joueur de champ le plus âgé (42 ans) à avoir disputé une coupe du monde, les avancées dans la médecine du sport, la technologie et la nutrition permettent à de nombreux footballeurs d’avoir une longévité similaire au plus haut niveau. Cristiano Ronaldo (41 ans), Luca Modric (40 ans) et Edin Dzeko (40 ans) ne sont que le trio quadragénaire en haut de la liste des joueurs de champ les plus âgés de la coupe du monde 2026.

Les experts indiquent que des stratégies nutritionnelles utilisées par les athlètes aident à amortir les effets de la sarcopénie, la perte de la masse musculaire squelettique avec l’âge. Une étude du centre américain pour les informations biotechnologiques, conduite en 2024 auprès d’un échantillon de joueurs de la Premier League anglaise, a démontré que les athlètes jouissent d’un accès plus grand aux plans de nutrition personnalisés. Les clubs investissent massivement sur le personnel de nutrition sportive et permettent à chaque joueur de concevoir des repas adaptés à ses besoins.

Une approche nutritionnelle plus réfléchie permet ainsi à beaucoup d’athlètes de rester compétitifs à un haut niveau, et pas que dans le football. LeBron James, Lewis Hamilton et Novak Djokovic continuent de dominer leurs disciplines alors même qu’ils ont atteint la quarantaine ou s’en approchent.

Au-delà de la nutrition, des avancées de la science du sport font aussi partie des facteurs déterminants. Les protocoles de sommeil personnalisés, le suivi de la récupération, les programmes de maintien de la force et la physiothérapie avancée permettent aux sportifs professionnels disciplinés d’avoir une plus grande longévité.

Pour implémenter ses avancées, l’investissement massif des clubs dans la technologie est primordial. Le suivi GPS, le monitorage de la charge d’entraînement et l’évaluation biomécanique donnent l’accès à un niveau inédit de précision concernant les données des performances et de la condition physique de chaque athlète afin d’élaborer des plans d’entraînement personnalisés. Certains programmes permettent même de mettre au point des modèles prédictifs de blessures, basés sur le Machine Learning, selon une étude de Cornell University.