Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, s’est adressé à la Nation le dimanche 29 décembre, lors d’un discours devant les deux chambres du Parlement réunies. Dans son intervention, longue de plus d’une heure et demie, le chef de l’État a évoqué, entre autres sujets, le cas de l’écrivain Boualem Sansal, en détention depuis la mi-novembre.
« Vous envoyez un imposteur qui ne connaît pas son identité, ne connaît pas son père et vient dire que la moitié de l’Algérie appartient à un autre État », a dénoncé Abdelmadjid Tebboune dans une philippique visant, par ricochet, les milieux français hostiles à l’Algérie.
C’est la première fois que le chef de l’État évoque le cas de l’écrivain franco-algérien, mais ce n’est pas la première fois qu’il commente la situation d’un justiciable en détention avant que la justice ne le juge. Il avait déjà qualifié les journalistes Khaled Drareni et Ihsane El Kadi de « Khbardjis ».
Arrêté le 16 novembre 2024 à l’aéroport international Houari-Boumediene d’Alger, Boualem Sansal est inculpé d’atteinte à la sûreté de l’État et à l’intégrité du territoire national. Dans un entretien accordé à un média français très marqué à droite, Boualem Sansal avait soutenu, le 2 octobre 2024, dans un délire pathétique, qu’« une partie de l’ouest algérien appartenait au Maroc ».
Une affaire judiciaire au cœur des tensions avec Paris
Mis sous mandat de dépôt en attendant son jugement, Boualem Sansal s’est vu refuser la remise en liberté provisoire demandée par ses avocats. La chambre d’accusation de la cour d’Alger a statué sur cette demande le 11 décembre 2024. Âgé de 75 ans, Boualem Sansal est détenu à la prison de Koléa.
Les milieux d’extrême droite en France se sont longuement agités après l’arrestation et l’emprisonnement de l’écrivain, déversant, comme à leur habitude, leur fiel sur l’Algérie. Un boucan qui n’a guère eu d’effet, sinon celui d’ajouter à la crise politico-diplomatique entre Alger et Paris, qui dure depuis la fin juillet 2024.