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El Watan : préavis de grève pour le 12 juillet


Les salariés du journal El Watan n’en peuvent plus. Sans salaires depuis 4 mois, ils ont décidé de passer à l’action. Réunis en Assemblée générale à la fin du mois de juin dernier, ils ont résolu de recourir à la grève si aucune solution ne leur est proposée.

Ne voyant rien venir de la direction du journal, qui semble impuissante devant les problèmes que vit l’entreprise, ils ont entamé et accompli les formalités légales et réglementaires pour déclencher leur grève. Ainsi un préavis a été déposé au niveau de l’inspection du travail  pour une grève de 2 jours par semaine pendant 5 semaines et, si la situation venait à rester en l’état, sinon à empirer, le débrayage deviendra illimité, a-t-on appris auprès d’un employé de l’entreprise.

« Nous entamons le 5e mois sans salaires. La plupart d’entre nous sont endettés et passerons l’Aïd sans le sou et, donc, sans le mouton ni habits et jouets pour les enfants. C’est intenable. Nous ne pouvons maintenir notre effort de sacrifice, surtout qu’aucune perspective ne se dessine », a tempêté, non sans regret, notre interlocuteur.

Informés du mouvement de grève qui se prépare, les actionnaires du journal se sont réunis en Assemblée générale le 30 juin dernier. Cependant, ils n’ont fait aucune proposition pour les salariés. Ils se sont, en revanche, entendus pour « travailler eux-mêmes » à faire sortir le journal durant les jours de grève des employés.

Le journal El Watan est au bord de l’asphyxie financière. Ses comptes ont été bloqués depuis plusieurs mois, d’abord en raison d’un découvert bancaire de 70 millions de dinars et pour cause de litige avec l’administration fiscale qui lui réclame également quelques 70 millions de dinars. Le journal a fait l’objet d’un redressement fiscal.

Avec le blocage de ses comptes, le journal s’est retrouvé dans l’impossibilité de payer les salaires des employés. Il s’est retrouvé aussi dans l’impossibilité d’honorer les traites qu’il doit à la banque auprès de laquelle il avait contracté un prêt pour la construction de son siège au Ruisseau. Un bien immobilier non exploité en raison de litiges avec les services de l’urbanisme, à cause du non respect du permis de construire (surélévation d’un étage et une indue extension vers une parcelle attenante).

Le journal, pour palier à cette situation, a pensé vendre le terrain d’assiette à Oran sur lequel était érigée l’imprimerie qu’il possédait en association avec le journal Al Khabar. Or, même cette vente s’est avérée problématique et n’a pas pu être réalisée jusque-là.