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Tebboune ouvre la voie à la reprise des exécutions après 33 ans de moratoire


Le président Abdelmadjid Tebboune a demandé dimanche que la réforme du Code pénal permette l’exécution de la peine de mort dans deux catégories de crimes, ouvrant la voie à la fin d’un moratoire de fait observé par l’Algérie depuis 1993.

Selon le communiqué du Conseil des ministres, le chef de l’État a demandé que les modifications portent sur « l’exécution de la peine de mort » contre les « auteurs et organisateurs d’incendies volontaires » et les « ravisseurs de mineurs et ceux qui leur infligent des sévices ».

La peine capitale n’a jamais disparu du droit algérien et les tribunaux continuent de la prononcer. Mais aucune exécution n’a eu lieu depuis 1993. La rupture porterait donc sur son application effective.

Tebboune avait déjà demandé, le 30 août, de modifier le Code pénal avant le 15 septembre afin de rétablir les exécutions contre les auteurs d’incendies volontaires. Le Conseil des ministres en étend désormais explicitement le champ aux enlèvements de mineurs accompagnés de sévices.

Le Conseil des ministres n’a toutefois pas communiqué de bilan humain actualisé des derniers incendies.

Cette orientation est contestée par plusieurs partis. Le FFS a rejeté « le retour à l’exécution » de la peine capitale. Le RCD juge son recours « disproportionné » face aux incendies et estime que le durcissement des peines ne peut se substituer aux politiques de prévention. Louisa Hanoune, secrétaire générale du Parti des travailleurs, a également rejeté la reprise des exécutions, affirmant que la peine de mort « n’a jamais été une solution » pour réduire la criminalité.

Le projet devra encore suivre la procédure législative avant son entrée en vigueur.