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Waciny Laredj dénonce le retrait d’une rencontre au SILA mais épargne les responsables


L’écrivain Waciny Laredj affirme qu’une rencontre consacrée à son œuvre et à son roman Rimitti, chants de braise et de feu a été retirée du programme du Salon international du livre d’Alger (SILA) 2026. Dans une lettre publique adressée à la ministre de la Culture et des Arts, il met en cause deux fonctionnaires du ministère, sans toutefois les nommer.

« J’ai appris de manière certaine que la plateforme consacrée à mon expérience littéraire (…) avait été supprimée du programme du Salon », écrit-il. Selon lui, la décision a été prise par « deux petits contrôleurs culturels bien élevés » appartenant au ministère, au mépris de la commission chargée des activités du Salon.

Le procédé qu’il décrit n’a rien d’invraisemblable dans le fonctionnement des manifestations culturelles publiques où la programmation peut être revue jusqu’au dernier moment par différents niveaux administratifs. Mais Laredj ne va pas jusqu’au bout de ce qu’il affirme savoir. Il assure connaître les deux fonctionnaires et annonce même qu’il « reviendra à eux de la manière qui leur convient », tout en choisissant de taire leurs noms.

Une accusation laissée à mi-chemin

Ce choix est difficile à concilier avec la gravité de l’accusation formulée. Dès lors qu’un écrivain affirme publiquement qu’une décision arbitraire a été prise par des responsables identifiés, leur identité, leurs fonctions et le pouvoir qu’ils ont exercé deviennent des informations d’intérêt public. Les qualifier de « petits contrôleurs culturels » ou de « hyènes » ne remplace pas l’établissement des responsabilités.

Laredj rattache cette déprogrammation à la campagne hostile ayant accompagné son roman consacré à Cheikha Rimitti. Il assure que cette polémique n’a pas empêché le livre de trouver son public et affirme qu’il en est à son quatrième tirage.

Il ne boycottera pas le SILA. « Je ne décevrai pas mes lecteurs », écrit-il. Son roman sera présent au Salon et, précise-t-il, « n’est pas interdit ».

C’est précisément ce qui distingue l’affaire d’une interdiction classique. Ce qui est en cause est un mécanisme plus discret, celui du filtrage d’une programmation culturelle. Si Laredj veut en faire un débat public, il reste désormais à aller au bout de son propos et à désigner ceux dont il affirme connaître la responsabilité.